BOIDOT ROBIN ARCHITECTES

BOIDOT ROBIN ARCHITECTES

Julien Boidot | Émilien Robin
BOIDOT ROBIN ARCHITECTES

« AU-DELÀ DE SON DROIT DE MAÎTRISE D’OEUVRE, L’ARCHITECTE DOIT AU QUOTIDIEN DÉMONTRER SON UTILITÉ SOCIALE »

 
Julien Boidot et Émilien Robin (nés en 1981) sont diplômés de l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes. Ils fondent leur agence en 2007.
 
Depuis qu’ils se sont rencontrés à l’école de Nantes, Julien Boidot et Émilien Robin ne se sont plus quittés. Associés libéraux, ils sont – comme ils disent – en « union libre » et cultivent une forme de cotraitance permanente qui les amène à concevoir une architecture s’écartant volontairement du cadre normatif standardisé. Produire du sens est pour eux une question d’intérêt général qui tient au rôle social de l’architecte, qui doit savoir déplacer les repères culturels : ne pas hésiter à redéfinir les programmes afin de laisser transparaître la spécificité de chaque espace bâti. Ils travaillent à deux mais le résultat est rarement celui d’un compromis, plutôt celui d’un processus itératif où se mêlent discussions, maquettes, 3d, dessins variés et approche transversale sur le terrain. Au cours de leur vie professionnelle, ils ont été marqués par des architectes comme Olivier Chaslin, Pascal Amphoux ou encore Armand Nouvet, avec lequel ils partagent aujourd’hui leurs locaux. Une cohabitation qui leur convient parfaitement dans ce qu’elle procure de stimulation collective. Le duo a fait le choix de privilégier le périurbain et le rural, d’agir là où les problématiques urbaines contemporaines font le plus débat. Au-delà de la simple opportunité d’accès à la commande, c’est davantage la volonté d’explorer la complexité de ces lieux dits ordinaires qui les fascine. Avec les maîtres d’ouvrage des petites communes, ils apprécient de traiter directement comme s’il s’agissait de particuliers. Un état de fait qui, de leur point de vue, rend les discussions plus fructueuses et facilite la mise en place de solutions plus innovantes avec les artisans. Sur le plan constructif, ils utilisent un panel restreint de matériaux basiques et économes mais refusent tout effet cheap. Chaque situation engage une mise en œuvre sur mesure pour un résultat soigné, voire précieux. À un langage industriel, ils préfèrent celui d’une architecture « fabriquée » et empreinte d’une forte matérialité. Accordant une grande importance à la domestication des espaces, ils espèrent bien rendre également les usagers acteurs de leur propre confort. Il faut, pour l’avenir, leur souhaiter de pouvoir garder la mainmise totale sur leurs projets afin de conserver le même degré d’exigence, quelle que soit l’échelle du programme. Julien démarre par ailleurs l’enseignement à l’école de Marne-la-Vallée tandis qu’Émilien officie déjà à Paris-Belleville et fait partie du comité de rédaction de Criticat.
 
“ABOVE AND BEYOND HIS RIGHT AS A PROJECT MANAGER, THE ARCHITECT MUST DEMONSTRATE HIS SOCIAL USEFULNESS ON A DAILY BASIS”
 
Julien Boidot and Émilien Robin (born in 1981) graduated from the École Nationale Supérieure d’Architecture of Nantes. The founded their office in 2007.
 
Julien Boidot and Émilien Robin haven’t left each other’s side since they met at the architecture school in Nantes. Free-lance partners, they are – as they say – in a “free union” and cultivate a kind of permanent co-contracting that has led them to design an architecture intentionally eschewing the standardized normative framework. They consider producing meaning a question of general interest that concerns the social role of the architect who must know how to shift cultural points of reference: not hesitating to redefine programs so that the specific nature of each built space shows through. They work together but the result is rarely a compromise, more that of an iterative process in which discussions, models, 3D, various drawings and a transversal approach in the field intertwine. During their professional life, they have been marked by architects like Olivier Chaslin, Pascal Amphoux and Armand Nouvet with whom they now share their premises. This cohabitation suits them to a tee as it provides collective stimulation. The pair decided to favor the semi-urban and the rural, to act where contemporary urban issues create the most polemics. Beyond the simple opportunity to access the commission, it is more the desire to explore the complexity of so-called ordinary places that fascinates them. They like to work directly with the contracting authorities of small communes as though they were private clients. This is a situation that, from their viewpoint, makes the discussions more fruitful and facilitates finding more innovative solutions with the craftsmen. As for the construction itself, they use a limited range of basic and economical materials but reject any cheap effect. Each situation involves customized implementation for a carefully finished, even precious result. Eschewing an industrial language, they prefer that of a “fabricated” architecture marked by a strong materiality. Giving great importance to domesticating spaces, they also hope that they can make the users actors of their own comfort. What must be done, for the future, is to hope that they can keep total control of their projects to preserve the same degree of rigor, whatever the program’s scale. Julien has moreover started to teach at the architecture school of Marne-la-Vallée while Emilien is already teaching at the architecture school of Paris-Belleville and is on the editorial committee of  Criticat.
 
 
A 68 avenue du Général Michel Bizot, 75012 Paris

T 01 44 68 39 61

E contact@boidotrobin.fr

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HANGAR DOMESTIQUE
HANGAR DOMESTIQUE
Pezé-le-Robert (72)
 
programme : salle polyvalente
maîtrise d’ouvrage : commune de Pezé-le-Robert
maîtrise d’oeuvre : Boidot Robin architectes
coût : 486 000 € TTC
surface : 250 m2 shon
calendrier : 2009-2011
 
Projet emblématique de l’équipe, cette salle polyvalente recouverte de bac acier et à quatre façades principales réinterroge les signes de la ruralité tout en fabriquant un bâtiment public domestique entre les murs de pierre d’un village de la Sarthe. Le dialogue nourri dès la sélection avec les élus a permis de la situer en centre-bourg, sur une parcelle adjacente à la place du village et de l’église. D’usage public, elle est conçue comme une grosse maison, avec des salons, l’un à l’avant sur la place et l’autre à l’arrière sur le jardin. Ces pièces lumineuses et transparentes servent également de sas thermique et acoustique. Une logique qui est déclinée pour la composition de toutes les parois. La salle principale est une cage en béton avec un plafond en charpente bois et panneaux apparents de contreplaqué. Autour d’elle, un chapelet de locaux plus ou moins techniques, construits en murs à ossature bois, forme les limites extérieures de l’édifice au contact subtil avec les murs en pierre existants. 
 
COMMUNITY CENTER (DOMESTIC HANGAR) IN PEZÉ-LE-ROBERT
 
An iconic project of the team, this community center covered with steel roofing and with four main façades queries the signs of rurality while fabricating a domestic public building between the stone walls of a village in the Sarthe. The dialogue enriched, starting with the selection, with the local officials enabled it to be built in the town center, on a lot adjacent to the village and church square. For public use, it was designed like a large house, with living rooms, one in front on the square, the other in the back on the garden. This light-filled and transparent rooms are also thermal and acoustic “hatches”. This logic was used for the composition of all the inner walls. The main room is a concrete cage with a ceiling composed of a wood framework and visible plywood panels. There is a string of more or less technical areas around it, whose walls are built with a wood framework and form the exterior boundaries of the building, subtly in contact with the existing stone walls.

 

EN PLUS
EN PLUS
Épinay-sur-Orge (91)
 
programme : extension d’une maison individuelle
maîtrise d’ouvrage : privée
maîtrise d’oeuvre : Boidot Robin architectes
coût : 108 000 € TTC
surface : 65 m2
calendrier : 2010-2012
© : Clément Guillaume
 
C’est un banal projet de rénovation et d’extension individuelle dans un quartier pavillonnaire d’Île-de-France. L’intervention consiste à étendre et à ouvrir l’espace de vie de la maison au niveau du jardin. Il ne s’agit pas d’une pièce en plus orientée vers le jardin mais bien d’un dispositif permettant d’y être. Grâce à une mince galerie de liaison, le nouveau volume vient s’additionner aux différents espaces de vie de la maison. À l’ancien jardin mal défini succèdent deux nouveaux lieux : le jardin ensoleillé au sud et une terrasse ombragée pour l’été, en rapport direct avec la cuisine. Instaurant un dialogue formel avec les toits et les pignons des habitations voisines, l’extension développe deux mouvements de toiture. La structure bois est revêtue d’un bardage en acier laqué beige qui fait également écho aux teintes des enduits et des soubassements maçonnés des alentours. L’extension valorise les usages mais en crée aussi de nouveaux. Modeste, le projet supplante la question du foncier par celle de la qualité architecturale, offrant un confort de vie optimisé aux habitants.
 
EXTENSION OF AN INDIVIDUAL HOUSE IN ÉPINAY-SUR-ORGE (“EN PLUS”)
 
This was an ordinary renovation and extension project for a house in a residential suburban area of the Île-de-France. The operation consisted in stretching and opening up the living space of the house on the garden level. It did not involve an additional room oriented toward the garden but a system enabling there to be one. Thanks to a slender connecting passageway, the new volume could be added to the house’s different living spaces. The poorly defined old garden was replaced by two new areas: the sunny garden to the south and a shaded terrace for the summer, directly connected to the kitchen. Initiating a formal dialogue with the roofs and gable walls of the neighboring houses, the extension develops two roof movements. The wood structure is covered with beige lacquered steel cladding that echoes the hues of the coatings and masonry foundations of the surrounding area. The extension enhances uses but also creates new ones. This modest project supplants the question of real estate with that of architectural quality, offering optimized living comfort to the inhabitants.

 

ÎLOT SAINT-TUGAL
ÎLOT SAINT-TUGAL
Laval (53)
 
programme : restructuration de l’îlot Saint-Tugal, 15 logements, 1 local d’activité, parking souterrain, place publique, équipement pédagogique
maîtrise d’ouvrage : Méduane Habitat, ville de Laval
maîtrise d’oeuvre : Boidot Robin architectes ; BECB, BET TCE ; Fiabitat, BET ingénierie écologique ; Alternative, acoustique
coût : 2,49 M€ HT
surface : logements + commerces 1 060 m2 shon, place publique 430 m²,
équipement 140 m² shon
calendrier : concours lauréat 2014, projet en cours
 
Situé dans le centre-ville historique de Laval, l’îlot Saint-Tugal se caractérise par des maisons d’époques différentes aux façades hétérogènes. Plutôt que de s’aligner sur la place voisine, les architectes ont pris le parti d’ouvrir l’accès à l’équipement public en coeur d’îlot. La disposition de deux bâtiments sur la parcelle génère une série de cours : une placette publique en extension de la place historique, un jardin public, des cours d’accès et un jardin privatif. Les constructions en structure mixte bois-béton ont le même registre de façade et de toiture. Leur matérialité est un choix assumé qui procède d’une logique transversale : les façades expriment le système structurel qui, lui-même, assure le contrôle des ambiances tandis que ces dernières participent à la domesticité des logements. Dans ce lieu largement privatisé par son caractère résidentiel, la création d’un aménagement paysager en lien avec la ville devient le support d’une activité partagée, celle du jardinage. Cette nouvelle offre pédagogique se formalise par la construction d’une serre.
 
RESTRUCTURING OF THE SAINT-TUGAL BLOCK
 
Located in the historic city center of Laval, the Saint-Tugal block is characterized by houses of different periods with heterogeneous façades. Rather than conforming to the neighboring square, the architects decided to open access to the public facility in the center of the block. The positioning of two buildings on the lot generates a series of courtyards: a small public square that extends the historic square, a public garden, access courtyards and a private garden. The constructions with their mixed wood-concrete structure follow the same style as the façade and roof. Their materiality is a deliberate choice that comes out of a transversal logic: the façades express the structural system that, itself, controls ambiences while these contribute to the domesticity of the housing units. On this site largely privatized by its residential nature, the creation of a landscaped  area connected to the city becomes the support of a shared activity: gardening. This new pedagogical offering is formalized by the construction of a greenhouse.

 

Les lauréats de la même année